
Laurent HAAS
Directeur général associé Géo Invest
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Le marché immobilier dijonnais : un rééquilibrage en cours
Le marché immobilier connaît actuellement une période de transition, marquée par des évolutions qui peuvent parfois inquiéter vendeurs et acheteurs. Entre les ajustements de prix, les délais de vente qui varient et un environnement économique en pleine mutation, il est normal de se poser des questions. Mais faut-il s’alarmer ? Pas nécessairement. Au contraire, nous observons des signaux encourageants qui témoignent d’un rééquilibrage progressif du marché immobilier dijonnais.
Un contexte en pleine mutation : des défi s, mais aussi des opportunités Plusieurs facteurs influencent aujourd’hui le marché de l’immobilier :
Les taux de crédit immobilier : Après plusieurs mois de hausse, les taux d’intérêt semblent se stabiliser, offrant un peu plus de visibilité aux acheteurs. Cependant, l’accès au financement reste plus complexe qu’il y a deux ou trois ans, ce qui ralentit certaines transactions. Les nouvelles exigences environnementales : La réglementation en matière de performance énergétique (DPE) pèse de plus en plus sur le marché. Les logements classés F et G, considérés comme des passoires thermiques, sont pénalisés et doivent être rénovés pour rester attractifs. À Dijon, cela impacte particulièrement certains segments du marché. Un ajustement des prix : Après une période d’euphorie entre 2020 et 2022, où les prix ont fortement augmenté, nous assistons désormais à une correction naturelle. Ce phénomène n’est pas synonyme d’effondrement, mais plutôt d’une phase de régulation qui permet au marché de retrouver un certain équilibre entre off re et demande.
Maisons : des signes encourageants pour les vendeurs Si vous avez une maison à vendre, bonne nouvelle : plusieurs indicateurs montrent que le marché se porte mieux qu’en septembre dernier. Légère hausse des prix affichés : De 384.494€ en septembre à 391.695€ en janvier 2025. Ce n’est pas une flambée, mais cela témoigne d’un regain d’intérêt pour ce type de bien. Diminution du prix moyen au m2 : Passé de 3.215€/ m2 à 3 152 €/m2, ce qui indique une demande qui se tourne vers des maisons plus grandes, où le prix global est plus élevé mais le prix au m2 plus attractif.
Réduction significative des délais de vente : Une annonce restait en moyenne 186 jours en ligne en septembre. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 138 jours. Les maisons trouvent preneur plus rapidement. Moins d’ajustements à la baisse : En septembre, 33% des annonces avaient dû être revues à la baisse pour s’adapter au marché. Aujourd’hui, ce chiffre a chuté à 10%, preuve que les prix affichés sont plus en phase avec la réalité et correspondent aux attentes des acheteurs.
Un segment plus difficile : Les maisons situées entre 2.873€ et 3.023€/m2 rencontrent encore quelques difficultés, avec un délai moyen de 185 jours avant de trouver un acquéreur.
Appartements : des ajustements en cours, mais des opportunités pour les acheteurs Du côté des appartements, le marché suit une autre dynamique, avec une tendance à la baisse des prix et des délais de vente qui s’allongent. Correction des prix affichés : De 171.342€ en septembre à 156.863€ aujourd’hui, soit une baisse significative qui profite aux acheteurs. Prix au m2 stable : Une très légère diminution de 2.775€/m2 à 2.765€/m2.
Délais de vente plus longs : Un appartement restait en moyenne 128 jours en ligne en septembre, contre 155 jours aujourd’hui. Cela traduit soit une demande plus faible, soit des acheteurs plus attentistes qui prennent le temps de comparer et de négocier. Moins de baisses de prix : En septembre, 25% des annonces avaient été ajustées à la baisse. Aujourd’hui, ce chiffre tombe à 12%, suggérant que les vendeurs préfèrent patienter plutôt que de revoir leurs prix trop rapidement. Les appartements les plus difficiles à vendre : Ceux situés entre 2.839€ et 2.989€/m2 affichent un délai moyen de 97 jours avant de trouver un acquéreur.
Un marché qui se réajuste : il faut laisser du temps Ce qu’il faut comprendre, c’est que le marché immobilier dijonnais est en pleine phase de rééquilibrage. Après plusieurs années de hausse continue, ces ajustements sont normaux et nécessaires pour retrouver une dynamique saine. Pour les vendeurs, l’heure est à l’adaptation. Fixer le bon prix dès le départ permet d’éviter des ajustements trop tardifs et de vendre plus rapidement. Les biens bien situés, en bon état et avec une bonne performance énergétique trouvent preneur sans difficulté. Pour les acheteurs, c’est une période intéressante. La correction des prix et la stabilisation des taux d’intérêt offrent des opportunités qu’il n’y avait plus ces dernières années. Négocier redevient possible, et certaines baisses de prix permettent d’accéder à des biens qui étaient jusqu’ici hors de portée. Le marché ne s’effondre pas, il s’adapte. Il faut simplement lui laisser le temps de retrouver son équilibre. Conclusion : optimisme et patience sont de mise Si certains secteurs connaissent encore des ajustements, les signaux sont encourageants. L’immobilier reste une valeur refuge, et cette période de transition permet de poser des bases plus solides pour l’avenir. Les maisons retrouvent une bonne dynamique avec des prix stabilisés et des délais de vente en nette amélioration.
Les appartements subissent une correction, mais offrent des opportunités d’achat intéressantes. Les taux bancaires se stabilisent, ce qui devrait favoriser une reprise progressive de la demande. Rappel important : Cette analyse repose uniquement sur les biens en vente sur les sites spécialisés. Elle ne reflète pas les transactions réellement conclues. Le marché immobilier est un marathon, pas un sprint. Ceux qui sauront s’adapter et prendre le temps de bien préparer leurs projets seront les grands gagnants de cette phase de transition.